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Covid-19 et hydroxychloroquine : pas encore de résultats probants

 Dans l'actualité  Le 9 avril 2020, l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection a rendu public un résumé d'une étude non comparative effectuée chez 1 061 personnes qui avaient un test PCR positif pour le Sars-CoV-2, le virus à l'origine de la maladie covid-19. La plupart avaient peu ou pas de symptômes. Toutes ont reçu un traitement par hydroxychloroquine et azithromycine. L'évolution dans les 10 jours a été le plus souvent favorable, comme c'est le cas quand les symptômes sont peu marqués, même sans traitement. Sans groupe témoin, ces résultats ne permettent pas de valider, ni d'exclure, l'intérêt du traitement appliqué.

Le 9 avril 2020, l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille a rendus publics un bref résumé (voir > ici), et un tableau de données (voir > ici), d'une étude non comparative effectuée chez des personnes qui avaient un test PCR positif pour le Sars-CoV-2, le virus à l'origine de la maladie covid-19, et ont reçu un traitement par hydroxychloroquine (Plaquénil°) et azithromycine (Zithromax° ou autre). Ces données font suite à une proposition fin mars de dépistage. Les conditions de sélection et de dépistage ne sont pas détaillées dans ces documents.

Parmi 38 617 personnes ayant eu un test par PCR, 1 061 personnes dont le test PCR a été positif pour le Sars-CoV-2 ont été incluses dans l'étude, non comparative. L'âge moyen était de 44 ans. Environ 46 % étaient des hommes. 95 % de ces 1 061 personnes avaient peu ou pas de symptômes ; 2,6 % avaient des symptômes sévères. Sur les images de scanner thoracique, 34 % n'avaient aucun signe pulmonaire et 43 % seulement des signes qualifiés de limités par les auteurs. À ces 1 061 personnes a été proposé un traitement par hydroxychloroquine (Plaquénil°) et azithromycine (Zithromax° ou autre) pendant au moins 3 jours. Ces 1 061 personnes ont été suivies au moins 9 jours. La façon de surveiller les effets indésirables cardiaques graves des traitements, tels que ceux recensés par le Centre régional de pharmacovigilance de Nice (voir > ici), n'est pas détaillée. Les auteurs ont considéré qu'aucune « toxicité cardiaque » n'a été observée. Une évolution jugée défavorable a été rapportée chez 46 personnes : 31 ont été hospitalisées pendant 10 jours ou plus, 10 ont été hospitalisées en soins intensifs et 5 sont mortes, soit une mortalité de 0,47 % parmi les 1 061 personnes positives au Sars-CoV-2 et traitées. Le nombre total de patients hospitalisés n'a pas été rapporté.

L'évolution observée dans cette étude non comparative concorde avec ce qu'on sait de cette infection. Les complications graves sont globalement rares par rapport au nombre de personnes portant le virus et ayant peu de symptômes. Dans cette étude, en l'absence de groupe témoin, on ne sait pas si le traitement proposé a eu un effet dans un sens ou dans l'autre sur le risque d'évolution vers une forme grave, ni dans quelle mesure ce traitement a contribué à la guérison des patients, qui est l'évolution la plus fréquente.

En Allemagne, la commune de Gangelt a été particulièrement touchée par l'épidémie de covid-19. Dans cette commune, un dépistage a été effectué par dosage des anticorps anti-Sars-CoV-2 et PCR d'un échantillon représentatif de la population générale. Des résultats partiels ont été rendus publics sous forme d'un résumé succinct le 9 avril 2020 (voir > ici). Environ 14 % des 500 personnes dépistées avaient développé de tels anticorps, alors que le test par PCR a détecté le virus chez 2 % des personnes dépistées. À partir de ces données et des morts en lien avec le covid-19 enregistrées dans cette commune, la mortalité des cas (létalité) chez les personnes infectées a été estimée à environ 0,37 %, soit environ 4 personnes pour 1 000 personnes infectées, avec ou sans symptômes.

Les résultats obtenus à Marseille sont convergents avec ceux obtenus à Gangelt. La plupart des infections par le Sars-CoV-2 sont peu symptomatiques et évoluent vers la guérison sans complication à court terme. Les résultats observés à Marseille ne permettent pas de valider, ni d'exclure, l'intérêt d'un traitement particulier chez ces patients.

©Prescrire 10 avril 2020

Voir aussi :

  • "Covid-19 et hydroxychloroquine : incertitudes et questions qui se posent" (2 avril 2020) > ICI
  • "Covid-19 et hydroxychloroquine : prudence" (30 mars 2020) > ICI
  • "Covid-19 : porter attention aux patients prenant un médicament exposant à une immunodépression" (26 mars 2020) > ICI
  • "Covid-19 et essais de médicaments : que faire des premiers résultats d'évaluation ?" (23 mars 2020) > ICI
  • "Protéger les patients à risque de complications de covid-19 en situations de soin" (19 mars 2020) > ICI
  • "Épidémie d'infections respiratoires à coronavirus (covid-19) : quelques sources d'information" (27 février 2020) > ICI
  • "Grippe, coronavirus : principes de prévention des infections respiratoires" (4 février 2020) > ICI

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