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Inhibiteurs de la pompe à protons : risque plus grand de covid-19 grave

 Dans l'actualité  Un risque plus grand de diverses infections chez les patients sous inhibiteur de la pompe à protons (IPP) est connu, dont pneumonies, colites pseudomembraneuses. Qu'en est-il de l'infection covid-19 ? Une étude apporte des informations utiles.

En 2020, une équipe sud-coréenne a étudié le lien entre l'exposition à un inhibiteur de la pompe à protons (IPP) et la gravité de la maladie covid-19 dans une cohorte de patients adultes testés positifs au Sars-CoV-2 (> ICI).

132 316 patients âgés en moyenne de 48 ans et ayant eu un test PCR pour le Sars-CoV-2 ont été inclus dans cette étude. Parmi eux, 14 163 patients prenaient un IPP au moment du test et 6 242 avaient arrêté un traitement par IPP plus de 30 jours avant (utilisateurs anciens). Sur l'ensemble des tests PCR réalisés, 4 785 se sont révélés positifs pour le Sars-CoV-2 (3,6 %).

L'utilisation d'un IPP, en cours ou ancienne, n'a pas été associée à une proportion plus élevée de tests PCR positifs. Cependant, le risque de covid-19 grave, défini selon un critère combiné associant oxygénothérapie, admission en service de soins intensifs, ventilation invasive et mort, a paru environ 1,5 fois plus grand chez les patients qui prenaient un IPP (risque relatif estimé de 1,63 avec un intervalle de confiance à 95 % (IC95) de 1,03 à 2,53), alors qu'une telle association n'a pas été observée chez les utilisateurs anciens. Ces résultats ont pris en compte divers facteurs de risque connus de gravité du covid-19 dont l'âge, le diabète, les affections cardiovasculaires, la bronchopneumopathie chronique obstructive, l'hypertension artérielle, les maladies rénales chroniques, mais pas l'indice de masse corporelle. Les patients ayant pris des antihistaminiques H2 dans l'année précédente ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dans le mois précédent ont été exclus, les AINS augmentant eux-mêmes le risque d'infections.

Un risque plus grand de diverses infections chez les patients sous IPP est déjà connu, notamment pour les pneumonies, les colites pseudomembraneuses, les listérioses et les infections de liquide d'ascite. Les mécanismes évoqués sont des effets directs sur certaines cellules du système immunitaire et la diminution de l'acidité gastrique facilitant la contamination par voie digestive.

En pratique Malgré la fragilité de ces résultats, ce signal est une raison de plus de ne pas banaliser l'utilisation des IPP, surtout en période d'épidémie de covid-19, et de prendre en compte le risque infectieux dans l'évaluation de leur balance bénéfices-risques avant de les conseiller ou de les prescrire.

©Prescrire 16 septembre 2020

Pour aller plus loin :

  • "Inhibiteurs de la pompe à protons : pneumopathies bactériennes" (n° 342 pages 269-271)
  • "Inhibiteurs de la pompe à protons : infections à Clostridium difficile" (n° 356 pages 432-434)
  • "Inhibiteurs de la pompe à protons : listérioses" (n° 410 page 310)
  • "Inhibiteurs de la pompe à protons : infections d'ascite" (n° 356 page 429)
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