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Le trouble obsessionnel compulsif

Le traitement du trouble obsessionnel compulsif, dont l'efficacité est modeste, repose chez l'adulte comme chez l'enfant sur la thérapie comportementale, et, en deuxième intention, sur des médicaments antidépresseurs.

La présence de symptômes obsessionnels ou compulsifs est très répandue. Mais on parle de trouble obsessionnel compulsif (TOC) seulement lorsque les symptômes sont intenses, qu'ils créent une détresse marquée, et en arrivent à handicaper la vie professionnelle, scolaire, sociale, etc. Ils toucheraient de 1 à 2 % de la population, hommes et femmes à égalité.
Les obsessions (pensées répétées : peur d'être contaminé en serrant les mains, d'avoir laissé une porte ouverte, etc.) et les compulsions (comportement répété : se laver les mains, vérifier, ranger, etc.) sont reconnues comme des comportements excessifs et handicapants par les sujets adultes et ils créent une anxiété voire une détresse.
Un TOC peut débuter dès l'enfance, en particulier chez les garçons. Pour au moins la moitié des patients, le TOC persistera à l'âge adulte.
Selon la revue Prescrire, qui présente une synthèse sur le traitement du TOC dans son numéro de février 2002, thérapies comportementale et médicamenteuse sont mal évaluées et leur l'efficacité actuellement démontrée est au mieux modeste.
La thérapie comportementale est envisageable dans les cas où l'on dispose d'un thérapeute approprié. Cette thérapie vise à exposer le patient à ses obsessions en l'aidant à éviter la réponse compulsive qu'elles provoquent.
Selon les connaissances actuelles, le traitement médicamenteux recourt aux antidépresseurs. 4 sont officiellement indiqués chez l'adulte : la clomipramine (Anafranil° ou autres), la fluoxétine (Prozac° ou autres), la paroxétine (Déroxat°) et la sertraline (Zoloft°). Seule la sertraline est officiellement indiquée chez l'enfant, mais la clomipramine, pour laquelle on dispose de plus de recul, reste dans ce cas le médicament de 1ère ligne selon la revue Prescrire.
Au total, la stratégie de traitement du TOC est à discuter au cas par cas, selon l'accessibilité à un thérapeute et les effets indésirables des médicaments. La sertraline semble éventuellement utile en troisième intention, en cas d'échec ou d'accès impossible à la thérapie comportementale, et après la clomipramine, qui bénéficie de plus de recul.

©Prescrire 1er février 2002

"Le trouble obsessionnel compulsif" Rev Prescrire 2002 ; 22 (225) : 96-98. Télécharger (pdf, 221 Ko).