Depuis des années, au mois d'avril, Prescrire glisse un canular parmi ses textes. Parfois en mettant en avant une évolution loufoque de la manière d'évaluer les médicaments (lire "Exit la valeur p !" n° 462, p. 307)". D'autres fois en présentant un médicament imaginaire à l'efficacité mirobolante (lire "Panaceum° comprimés" n° 34, p. 2). Dans ce cas précis, les répercussions ont été pour le moins inattendues : prescriptions par centaines d'un médicament qui n'existe pas ; pharmaciens et grossistes à la recherche de ce médicament miracle ; standard téléphonique de Prescrire en surchauffe ; dépêche explicative à l'Agence France Presse, etc.
Au fil des ans, il a fallu se rendre à l'évidence : nous sommes nombreux à lire (trop) vite, parfois superficiellement, et à faire peut-être trop confiance aux médias en général, tous supports confondus. À l'évidence, nous avons tous besoin de piqûres de rappel régulières pour bousculer notre crédulité, encourager notre curiosité, revigorer notre esprit critique. Mais comment y parvenir ?
Seul, c'est peut-être possible, mais souvent bien difficile. L'exercice est sans doute plus aisé quand on s'appuie sur un collectif comme Prescrire. Celui-ci est organisé pour rester libre et se protéger des influences néfastes, de la communication des firmes pharmaceutiques, des flux continus d'informations non vérifiées, des avis d'experts parfois auto-proclamés qui déclament leur vérité sans argumenter ou, carrément, fraudent.
Car Prescrire prend le temps, réfléchit en équipe, écrit collectivement. Est organisé pour analyser quantité de sources documentaires, les décrypter et, ainsi, publier des textes fiables et vérifiables, accessibles et utiles pour la pratique des soignants.
Chez Prescrire, la porte est ouverte à la critique et à l'échange, surtout quand ils permettent de progresser, de mieux réfléchir à la façon de prendre en compte l'avis et la vie des patients, autant que faire se peut, mais toujours dans leur intérêt.
Chaque mois, Prescrire propose un regard critique pour que chacune et chacun se forge ou révise sa propre opinion, puisse acquérir de nouvelles connaissances et les mettre en application en s'affranchissant des manipulations et des croyances. Cela bouscule parfois les habitudes, mais la pensée critique s'aiguise pour servir en priorité l'intérêt des patients.
Prescrire, outil d'information et de formation, est conçu pour y voir clair, pour déciller les yeux.