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Équilibre

 Éditorial  Prendre une décision de soin est un exercice d'équilibre, parfois difficile. Car il s'agit d'abord de poser un pied sur les quelques données d'évaluation dont on dispose, puis d'éviter que l'autre pied ne s'enfonce trop dans les sables mouvants de la subjectivité ou de l'aveuglement.

Comment exercer son métier de soignant sans s'appuyer sur les données d'évaluation en santé, alors qu'il s'agit de faire en sorte que les patients puissent tirer le meilleur parti d'un traitement ou d'une abstention de traitement ? Comment décider à bon escient sans tenir compte aussi de la multitude d'autres facteurs, personnels, familiaux, socioculturels, physiques, affectifs, ou autres, propres à chaque patient, à chaque soignant, et à chaque relation entre patient et soignant ?

Prendre une décision de soin est un exercice d'équilibre, parfois difficile. Car il s'agit d'abord de poser un pied sur les quelques données d'évaluation dont on dispose, puis d'éviter que l'autre pied ne s'enfonce trop dans les sables mouvants de la subjectivité ou de l'aveuglement. Exercice d'autant plus difficile que l'incertitude est grande quand les données sont fragiles voire absentes.

Dans le domaine de la cancérologie par exemple, que sait-on vraiment des effets, désirables ou indésirables, et du rythme de consultations ou de surveillance des examens biologiques ou d'imagerie imposé aux patients ? Que sait-on vraiment de l'angoisse que provoque l'attente répétée de leurs résultats ? du mal-être à l'annonce d'un mauvais résultat ? du "bien fou" que procure à certains patients un bon résultat ?

Comment mettre en balance ce que l'on sait des données de survie, parfois fragiles, et tout ce que l'on ne sait pas, faute de données, sur la joie ou le chagrin, l'espoir ou le désespoir, que procure un résultat d'examen  ? Comment gérer l'incertitude quand on ne sait pas dans quelle mesure l'absence d'évolution négative d'une "image" à un moment donné sera corrélée, ou non, à une plus longue vie, à une meilleure vie, à une "sale" vie ?

Tenter de répondre à ces questions est aussi un exercice d'équilibre difficile. Mais souvent réussi, quand on est au clair avec les objectifs thérapeutiques. À condition de ne pas réduire ces objectifs à leur seule dimension dite préventive, curative, symptomatique ou palliative. Mais en cherchant à cerner au mieux avec chaque patient les bénéfices concrets espérés, quel qu'en soit le registre, et les risques encourus. En ne confondant pas ce qui relève de la "science" et ce qui relève des croyances ou de l'affect. Et en se tenant loyalement à distance du mensonge, du déni ou de l'évitement.

©Prescrire 1er novembre 2021

• Texte complet : 

"Équilibre" Rev Prescrire 2021 ; 41 (457) : 801. Accès libre.

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Pour en savoir plus :


"Déterminer la balance
bénéfices-risques
d'une intervention :
pour chaque patient"
Rev Prescrire 2014 ;
34 (367) : 381-385.
Pdf, accès libre


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